vendredi 20 octobre 2017

Georg Henrik von Wright : Expliquer et comprendre

Editions d'Ithaque - Octobre 2017


Parmi les controverses sur la nature de l’explication dans les sciences, et notamment dans les sciences humaines, Expliquer & Comprendre fait incontestablement figure de classique. Largement inspiré de Wittgenstein, Georg Henrik Von Wright propose un examen minutieux de la notion de causalité, telle qu’elle se trouve mobilisée à la fois dans les sciences de la nature et dans les sciences de l’esprit, l’histoire et les sciences sociales. Contre l’idéal d’unité des sciences, défendu par le positivisme logique, Von Wright confronte tradition analytique et tradition herméneutique, et consacre son enquête à l’explication causale et aux lois de la nature, aux notions de téléologie, de finalité et d’intention. Il identifie à la fois l’existence d’explications causales authentiques en histoire et dans les sciences sociales, et des explications quasi-causales en histoire, en s’appuyant sur certains épisodes historiques précis. Il souligne l’importance des normes pour les pratiques humaines, et, pour finir, aborde la question de la liberté humaine face au déterminisme de l’histoire.

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Archives de Philosophie 2017/4 (Tome 80) : L’enfance dans l’Antiquité

Centre de Sèvres - Octobre 2017


Page 627 à 628 : La rédaction - Éditorial | Page 629 à 632 : Jérôme Laurent - L'enfance dans l'Antiquité | Page 633 à 657 : Anne-Laure Therme - Figures présocratiques de l’enfant. La συμμετρία et le jeu | Page 659 à 676 : Laetitia Monteils-Laeng - La valeur de l’enfance chez Aristote | Page 677 à 698 : Valéry Laurand - L’enfance chez les stoïciens. L’histoire d’un ratage | Page 699 à 709 : Jérôme Laurent - Les troubles de la petite enfance selon Proclus | Page 711 à 731 : Kristell Trégo - Des catégories de l’âme ? | Page 733 à 753 : Dan Arbib - Un enjeu interne à l’école cartésienne : les formes substantielles selon Descartes, Malebranche et Arnauld | Page 755 à 763 : Antoine Bocquet - La sociologie ou la résistible expression des idéaux démocratiques | Page 763 à 770 : Michel Bourdeau - Individualisme et statistiques | Page 773 à 802 : - Bulletin de littérature hégélienne XXVII(2017) | Page 803 à 833 : - Bulletin de Bibliographie Spinoziste XXXIX.

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Lambert Dousson : Une manière de penser et de sentir. Essai sur Pierre Boulez

Presses universitaires de Rennes - Octobre 2017


« Une manière de penser et de sentir, une manière aussi d’agir et de se conduire » : dans le sillage de Michel Foucault qui ainsi définissait « la modernité » comme « pratique de soi », ce livre porte un regard philosophique inédit sur la pensée de Pierre Boulez (1925-2006). Figure essentielle de la modernité musicale au XXe siècle, son activité de compositeur s’est toujours accompagnée d’une réflexion théorique, qui fut parmi les plus profondes jamais menées sur les forces subjectives et objectives au travail dans la création artistique. Ni simple explication de l’½uvre, ni justification de positions esthétiques et politiques, les écrits qu’il fit paraître autour de son ouvrage clé Penser la musique aujourd’hui (1963) constituent, par leur densité et leur ampleur, mais aussi par un écart paradoxal qu’ils instaurent avec l’expérience musicale elle-même, une « herméneutique du sujet ». Cette subjectivité qui se cherche, se perd et se retrouve dans le labyrinthe de sa pensée de l’art, le présent livre montre son élaboration complexe. De l’écriture à l’écoute, de l’axiomatique à la prolifération, de l’exercice de la structure à la pratique de la coupure, du degré zéro de l’écriture à l’ambiguïté des espaces lisses et des espaces striés, c’est aussi un événement dans la pensée en général qu’il s’agit de faire revivre. Ou comment les analyses, interprétations, critiques, reprises de la pensée musicale de Pierre Boulez par ses contemporains Michel Foucault, Roland Barthes, Claude Lévi-Strauss, Gilles Deleuze et Félix Guattari, sont autant de points d’articulation où se déplace et se joue autrement la question du sujet de la musique.

Lambert Dousson est agrégé et docteur en philosophie. Ses travaux portent principalement sur les relations entre musique, philosophie et politique (XIXe - XXIe siècles). Il est maître-assistant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Montpellier, où il enseigne la philosophie, l'esthétique et la théorie de la culture, et intervient régulièrement comme conférencier à la Cité de la musique - Philharmonie de Paris.

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jeudi 19 octobre 2017

Soren Gosvig Olesen : Avec Kierkegaard. La philosophie dans le texte

Mimesis - Octobre 2017


L'oeuvre de Kierkegaard est lue ici dans le texte, les passages traduits le sont par l'auteur, philosophe danois, dans une confrontation constante avec les traductions existantes. Kierkegaard, " poète du religieux ", précurseur de l'existentialisme, est placé ici dans un contexte nouveau, celui de la déconstruction et de sa postérité. En effet, portant un coup à tout système, à tout ordre établi, Kierkegaard s'avère être ici le protagoniste d'une révolte contre la tradition tant philosophique que religieuse. Avec un mot d'accompagnement du philosophe Jean-Luc Nancy

Soren Gosvig Olesen, né en 1956, a fait ses études de philosophie auprès de Gérard Granel à Toulouse et à Paris. Depuis 1999, il est professeur de philosophie à l'Université de Copenhague. Il a publié notamment Wissen und Phänomen (1997), Transcendental History (2012), Breve storia del soggetto (2011) et La phénoménologie, cette inconnue (Mimésis, 2015).

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Geneviève Fraisse : Du consentement (Édition augmentée)

Le Seuil - Octobre 2017 - Débats



" J'ai longtemps pensé que l'acte de consentir relevait de l'intimité la plus grande, mélange de désir et de volonté dont la vérité gisait dans un moi profond. Lorsque j'ai entendu ce mot consentement dans des enceintes politiques, Parlement européen, débats télévisuels, discussions associatives, j'ai compris qu'il pénétrait l'espace public comme un argument de poids.
Je voyais bien que la raison du consentement, utilisée pour défendre le port du foulard, ou exercer le métier de prostituée, s'entourait de principes politiques avérés, la liberté, la liberté de choisir, la liberté offerte par notre droit ; et la résistance, la capacité de dire non à un ordre injuste. Car dire " oui", c'est aussi pouvoir dire " non ", l'âpreté de l'établissement d'un viol nous le rappelle méchamment.
J'ai beaucoup cherché, des années durant, à identifier les lieux de l'autonomie des femmes contemporaines. Ce travail sur le consentement m'entraîne, désormais, dans la pensée du lien, du mouvement de l'un vers l'autre des êtres, de chacun des êtres que nous sommes. Par là commence, ainsi, la construction d'un monde. " G.F.

Geneviève Fraisse est philosophe, directrice de recherche émérite au CNRS. Ancienne députée européenne, elle est l'auteure de livres sur sur la généalogie de l'égalité des sexes et la problématique sexe/genre.

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Jean-Michel Chaumont : Survivre à tout prix ?

La Découverte - Octobre 2017


Pendant des millénaires, il fut attendu des victimes confrontées à des circonstances extrêmes que leurs conduites se conforment à des codes d'honneur terriblement exigeants. A-t-il trahi les siens celui qui a survécu à la torture ? A-t-elle trop facilement cédé celle qui a connu le viol ? Ces survivants suspects ont-ils sacrifié leur honneur à leur survie ? Questions traumatisantes, disent certains. Questions pourtant posées avec une surprenante récurrence pendant des siècles et des siècles, comme l'explique Jean-Michel Chaumont. 
Or, depuis quelques décennies, dans les sociétés occidentales, ces codes d'honneur sont frontalement contestés, et sont même perçus comme d'intolérables blâmes adressés aux victimes. Si tout le monde s'accorde à reconnaître le progrès moral que cette critique fait advenir dans le cas du viol (la morale n'attend plus que la femme victime se justifie de son comportement), elle tend à promouvoir une éthique de la survie à n'importe quel prix dans les situations de péril extrême. Ce livre ambitieux reconstruit les critères qui ont pu départager les conduites honorables et les conduites déshonorantes, et montre, archives à l'appui, qu'il y a peu encore ces critères furent appliqués à des résistants communistes et aux victimes de la Shoah, en particulier les membres des Sonderkommandos. Il signale les évolutions considérables de nos sensibilités morales et pointe les régressions associées au risque d'un " chacun pour soi " décomplexé. 
Si la trahison devenait la norme implicite, si l'éthique de la survie devait passer avant celle de l'honneur, et de la fidélité aux siens, ne serait-il pas à craindre que le jour venu, face à l'extrême, nous ne perdions nos âmes ?

Jean-Michel Chaumont, chercheur au Fonds national de la recherche scientifique belge et professeur à l'université de Louvain, est notamment l'auteur de La Concurrence des victimes (La Découverte, 1997, 2002).

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mercredi 18 octobre 2017

Tatiana Fonseca Oliveira : Antonio Gramsci et la révolution socialiste

L'harmattan - Octobre 2017


Pour comprendre Les Cahiers de prison d'Antonio Gramsci et sa « philosophie de la praxis », il faut examiner le contexte historique de ses manuscrits. Ce n'est qu'à travers cet examen que l'on peut éviter une rénovation fictive ou une instrumentalisation de sa pensée. Peut-on affirmer que sa théorie de l'hégémonie est controversée ? Oui, car c'est à la fois une théorie de l'émancipation et une défense de l'insurrection prolétarienne nationale qui fonde un « Etat socialiste », basé sur le léninisme et un avant-gardisme prémices au fétichisme d'Etat. Ce livre éclaire les racines des Cahiers de prison, c'est aussi une réflexion sur son actualité.

Tatiana Fonseca Oliveira est Docteur en sociologie à l'Institut de Philosophie et Sciences Humaines de l'Université d'Etat de Campinas au Brésil. Une partie de son doctorat consacré à la pensée d'Antonio Gramsci fut réalisée à l'Institut des sciences philosophiques et pédagogiques Pasquale Salvucci de l'Université d'Urbino en Italie.

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Armand Marie Leroi : La lagune. Et Aristote inventa la science...

Flammarion - Octobre 2017


Armand Marie Leroi, citoyen britannique et professeur de biologie, déniche dans une librairie du vieil Athènes une Histoire des animaux d'Aristote. Il ignore tout du philosophe, mais sa lecture le laisse émerveillé devant le foisonnement et la rigueur de la démarche. Il se lance alors dans une quête passionnée sur les traces d'Aristote.
Heidegger, pourtant, nous avait prévenus : « Aristote est né, il a pensé, il est mort. » Sans doute... Mais, entre-temps, il a inventé la science.
C'est cette prodigieuse découverte que raconte La Lagune. Comment le meilleur élève de Platon, écarté de la succession de son maître, est parti s'installer à Lesbos dans la lagune de Pyrrha, précisément pour y mener la première enquête sur le vivant.
Des travaux au long cours qui donnent lieu à de stupéfiantes « histoires d'animaux », mais aussi aux premières intuitions sur la naissance de la vie, l'hérédité, le vieillissement, sur l existence de l'âme ou l'éternité du monde.

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Michel Crépu : L'admiration. Contre l'idolâtrie

Editions Autrement - Octobre 2017 - Collection : Les Grands Mots


Alors qu’on assiste au crépuscule des grandes idéologies, rarement la difficulté d’admirer aura paru si sensible, si propice aux éclats polémiques. Pourtant, contre l’indifférence et le cynisme érigés en norme ou les emballements immédiats devant tout et n’importe quoi, l’admiration reste une force. La force de s’étonner et de s’incliner devant le beau, le sublime. Toutefois, admirer ne signifie pas se soumettre. C’est même en cela que l’admiration est le contraire de l’idolâtrie.
Michel Crépu se penche sur les vertus et les dangers de l’admiration et revisite les œuvres littéraires de Stendhal, Cioran, Chateaubriand, Céline, Heidegger ou Barthes, et de grandes figures historiques − Napoléon et Malraux notamment −, à la lumière de ce sentiment que Descartes qualifiait de « première des passions ».

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mardi 17 octobre 2017

Paul Audi : Au sortir de l'enfance

Verdier - Octobre 2017


L'adolescence est réputée être le théâtre d'un moment de crise, de recherche, de découverte, d'interrogation métaphysique pour le jeune être humain. Au carrefour d'un passé qu'il aspire à surmonter et d'un avenir aux traits inconnus, celui-ci semble vouloir y traiter avec l'intraitable de sa condition native dont dépendent son identité et son marquage à l'intérieur d'une filiation. Mais l'adolescence se réduit-elle, comme on le croit communément, à l'âge dit "pubertaire", voué par principe à être traversé et abandonné derrière soi ? Qu'emportons-nous, au sortir de l'enfance, de cette enfance précisément ? Quant à l'éthique, quelle décision exige-t-elle de l'adolescent pour qu'il assure son entrée dans l'âge adulte ? A travers notamment une analyse de la figure d'Hamlet et une lecture du poème de Rimbaud intitulé "Jeunesse", Paul Audi se propose dans cet ouvrage de rattacher les caractéristiques du " moment adolescent " à une conception qui lui est propre de la finitude humaine. Il tente en même temps de mesurer la portée de cette affirmation que l'on doit à la psychiatrie française contemporaine, à savoir que "ce qui se passe en adolescence est une métaphore des problématiques de notre société".

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Hermann Weyl : Philosophie des mathématiques et des sciences de la nature

Métis Presses - Octobre 2017 


Philosophie des mathématiques et des sciences de la nature est l’un des plus étranges et des plus beaux objets de l’histoire des sciences du siècle passé. Résultat d’une conscience affûtée par la pratique régulière des sciences exactes, cet ouvrage constitue une synthèse magistrale des réflexions qui auront occupé Hermann Weyl entre 1910 et 1940 et qui le verront affronter un certain nombre de problèmes philosophiques majeurs sous la forme renouvelée que leur confèrent les crises et les développe-ments scientifiques de cette période.
Ces trente années — auxquelles il eut lui-même sa part — sont décisives dans l’histoire des sciences : crise des fondements des mathématiques, explosion des logiques mathématiques, théorie de la relativité restreinte et générale, mécanique quantique ou encore constitution de la biologie moléculaire.

Avec une préface de Françoise Balibar et Carlos Lobo

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A. Paschoud et F. Pépin (dir.) : La Mettrie. Philosophie, science et art d'écrire

Editions Matériologiques - Octobre 2017


Julien Offray de La Mettrie (1709-1751) est une des figures les plus subversives du siècle des Lumières. Célèbre en son temps pour avoir défendu un monisme radical, qui lui valut nombre de critiques et de condamnations officielles, La Mettrie est l’un des premiers penseurs à se revendiquer matérialiste. Mais il fut aussi et d’abord un médecin, un auteur et un traducteur de nombreux ouvrages médicaux et scientifiques. Ses centres d’intérêt comprennent tous les champs environnant la médecine, notamment la physiologie, l’histoire naturelle, la chimie, les politiques publiques. La Mettrie fut encore un écrivain, sans doute sous-estimé, sachant allier attaques ad hominem, ironie et déplacements subtils dans une volonté toujours réaffirmée d’ébranler toutes les formes d’orthodoxie.
C’est à ces divers aspects, dont l’articulation n’est pas toujours aisée, que le présent ouvrage s’est intéressé. Il réunit des spécialistes de La Mettrie, de la philosophie du XVIIIe siècle, de l’histoire des sciences et de la littérature.

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dimanche 15 octobre 2017

Alain Badiou : Le Séminaire. Vérité et sujet (1987-88)

Fayard - Octobre 2017


« Le vif intérêt rétrospectif des séminaires de la fin des années 1980 et du tout début des années 1990, y compris pour moi-même, est d’y lire non seulement la présence de L’être et l’événement, mais la façon dont il affecte mon enseignement, comme si ce dernier était désormais consacré à la présentation, défense et illustration d’un livre, par une sorte de guérilla latérale.
Ce qui traverse tout cela est la critique de la catégorie d’objet, portée au point où le but de l’analyse est de valider le concept d’un sujet sans objet. Tel doit être en effet, et c’est ce qui justifie le titre finalement donné à ce séminaire, le sujet dont toute vérité se soutient. » A.B. 

Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, est également dramaturge et romancier. Il a récemment publié, chez Lignes, De quoi Sarkozy est-il le nom? et L'Hypothèse communiste, et chez Fayard, Le Concept de modèle (rééd.) et Second manifeste pour la philosophie

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Ghislain Le Gousse : Le pouvoir d'agir autrement. Essai sur le libre arbitre

Presses universitaires de Rennes - Octobre


Depuis les années 1950, l’antique question du libre arbitre fait l’objet d’un vif débat en philosophie analytique. Comme on pouvait s’y attendre, les philosophes issus de ce courant ne se sont pas contentés de reposer classiquement le problème de la liberté métaphysique ; ils l’ont aussi reposé à nouveaux frais, en étudiant avec précision les liens logiques entre les concepts qu’il comprend. Leurs discussions ont abouti à des versions perfectionnées d’arguments anciens, de nouveaux arguments pour des positions bien connues, et peut-être aussi de nouvelles positions. Cet essai défend l’idée que la liberté morale – c’est-à-dire la liberté requise par la responsabilité morale – consiste dans un pouvoir d’agir autrement, incompatible avec le déterminisme causal. Cette position classique a été doublement remise en question dans le débat contemporain sur le libre arbitre : selon certains, la responsabilité morale ne requiert pas le pouvoir d’agir autrement ; selon d’autres, le déterminisme causal n’exclut pas le pouvoir d’agir autrement. De puissants arguments ont été avancés à l’appui de ces deux thèses. Le but de ce livre est de les exposer et de les réfuter.

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Aurélien Barrau : Chaos multiples. Derrida et Goodman face à l'ordre et à l'un

Galilée - 2017


"Notre hypothèse est la suivante : pour des raisons différentes et avec des méthodes différentes, Derrida et Goodman ont, chacun, ébranlé l’un des deux piliers qui sous-tendent l’essentiel de la tradition philosophique. Derrida, par le jeu subtil de la différance, a fait vaciller la vaste entreprise de mise en ordre. Goodman, par la profusion de mondes construits et irréductibles les uns aux autres, remet en cause l’aspiration à l’unité. Nous avons tenté d’établir que la métaphysique s’est développée dans une dialectique de l’un et de l’ordre, se rétablissant sur l’un de ses pilastres quand l’autre faiblissait.
Si donc les soubassements de l’histoire philosophique devaient être revisités – peut-être révisés – il serait fructueux d’user simultanément des propositions derridiennes et goodmaniennes. C’est l’originalité de ce projet. Il s’agit, pour neutraliser la récupération dialectique par l’autre pilier (par l’unité quand l’ordre faillit ou par la mise en ordre dans la multitude s’immisce) d’interroger la tradition suivant le double impératif de la déconstruction et du nominalisme, suivant le double prisme du dés-ordre de Derrida et du multiple de Goodman. Nous avons tenté d’établir que l’efficace d’une remise en cause du « mythe de l’un » ne peut se faire sans ébranler le « mythe de l’ordre ». Considérer conjointement les systèmes (ou des dé-systématisations) de Derrida et Goodman serait donc, suivant ce dessein, non seulement utile mais presque indispensable. Chacun d’eux permet d’éviter l'atrophie déstructurante du schème de l’autre. L’étude est menée à partir d’un inconfort partagé face au concept de vérité." A.B.

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samedi 14 octobre 2017

Michael Esfeld : Philosophie des sciences: Une introduction

PPUR - Octobre 2017


Ce livre se pose une introduction à la philosophie des sciences accessible aux étudiants. Il résume l’état actuel de la connaissance, en présentant les différents concepts et en proposant une évaluation des résultats fondés et des questions majeures qui restent ouvertes. Il vise à contribuer au développement d’une nouvelle philosophie de la nature qui prend en considération les théories scientifiques, cherchant à élaborer sur leur base une vision de l’ensemble de la nature: il utilise à cet effet les outils conceptuels de la philosophie analytique.

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Saverio Ansaldi : Les liens de la métamorphose. Philosophie et magie de la Renaissance à l'âge classique

Editions Kimé - Octobre 2017


Cet ouvrage interroge le sens de la relation entre lien magique et métamorphose en essayant de dégager des perspectives philosophiques et politiques spécifiques à la Renaissance et à l’âge classique. La pensée de Giordano Bruno demeure dans cette optique une référence essentielle. Le philosophe nolain n’a de cesse de réfléchir sur le sens de cette relation, puisque c’est à travers elle qu’il construit aussi bien l’art de la mémoire que la pratique magique comme art du lien. Des thèmes comme celui de la fureur héroïque, de la différence entre l’homme et l’animal, de l’action magique ne sont compréhensibles qu’à partir de la relation constitutive entre le lien et la métamorphose. C’est par conséquent en étudiant les « liens de la métamorphose » que l’on peut faire apparaître la constitution d’un spectre de savoirs (magie, philosophie, politique) traversant l’histoire européenne de la Renaissance et de l’âge classique. Cela permet également d’insister sur le rapport que ces savoirs entretiennent avec les pratiques sociales. La philosophie et la magie, loin d’apparaître comme des savoirs abstraits et purement nominaux, s’affirment en réalité comme des discours performatifs légitimant la constitution des liens civils et sociaux.
Il s’agit en définitive ici de reconstituer à nouveaux frais des séquences historiques et philosophiques qui tracent les relations entre une sphère des savoirs et une pratique de l’institution du social, dans une perspective comprenant aussi bien des auteurs de la Renaissance (Machiavel, Giordano Bruno) que de l’âge classique et baroque (Hobbes, Gracián).

Saverio Ansaldi est Maître de Conférences Habilité en Philosophie à l’Université de Reims.

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Jean-Pierre Cometti et Giovanni Matteucci (dir.) : Après l'Art comme expérience. Esthétique et politique aujourd'hui à la lumière de John Dewey

Questions théoriques - Octobre 2017 - Collection : Saggio Casino


Avec des contributions de : Jean-Pierre Cometti, Roberta Dreon, Gioia Laura Iannilli, Yaël Kreplak, Giovanni Matteucci, Alfonso Ottobre, Olivier Quintyn, Diane Scott.

« Je ne vois pas comment une norme de l’art à la fois élevée et populaire pourrait exister alors que la majorité des gens vivent dans des taudis. Il ne suffit pas qu’ils assistent aux concerts gratuits, qu’ils fréquentent le Metropolitan Museum pour contempler des tableaux, ou les bibliothèques publiques pour lire des livres, ni qu’ils acquièrent une culture artistique, tant que leur environnement immédiat ou avec lequel ils sont directement en contact les habitue à des expériences sordides et laides.

Ceux qui contrôlent le système existant et qui, par conséquent, contrôlent aussi la commercialisation de ces produits, constatent que le moyen le plus facile et le plus rapide pour s’enrichir est de maintenir un niveau d’exigence très bas. On peut alors rétorquer qu’ils ne pourraient pas tirer le moindre bénéfice de ce système s’ils ne donnaient pas aux gens ce qu’ils veulent, de sorte que le fait qu’ils s’enrichissent en procurant aux masses des produits culturels superficiels intellectuellement et esthétiquement n’en est pas moins la preuve de l’incapacité des masses à apprécier ce qui est raffiné. Cet argument ressemble à celui qui est utilisé pour justifier que les journaux donnent à lire ce que les gens veulent lire. Ils commencent par créer le désir de certains types de choses puis, une fois qu’ils ont conduit les gens à les vouloir, ils les leur donnent en prétendant qu’ils ne font que procurer aux gens ce qu’ils veulent. » (John Dewey, 1932)

Éclipsée par le développement de l’esthétique analytique dans le monde anglophone et méconnue par la philosophie de l’art en Europe, la pensée de John Dewey est aujourd’hui convoquée dans un nombre croissant de discussions portant sur la démocratie, la pédagogie ou la politique culturelle. La notion d’expérience vise, chez Dewey, à dissoudre les dualismes dans lesquels la philosophie et les sciences tendent souvent à s’enfermer (entre art et vie sociale, absolutisme et relativisme, sujet et objet, apparence et réalité). Relisant L’Art comme expérience, les textes réunis dans ce volume tirent des conséquences sociales et politiques du pragmatisme de Dewey pour repenser de façon critique la situation actuelle de l’art et de la culture.

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vendredi 13 octobre 2017

Cahiers Philosophiques, N° 149 2/2017 : La Mémoire

Vrin - Octobre 2017


Nous n’avons pas d’expérience directe de la mémoire, pas plus de la nôtre que de celle d’autrui alors même que nous en apercevons distinctement les effets.
Par métaphore, la remémoration est un voyage, soumis à des aléas variés, une remontée vers le passé accompagnée d’une résurgence de nos souvenirs, dont la possibilité même est constitutive de notre identité. Cette présentation simple et unifiante masque toutefois la complexité des opérations qui structurent les processus de mémorisation et de remémoration. Que mémorisons-nous et de quelle manière ? C’est encore une métaphore, celle de la trace, qui tient souvent lieu de réponse. Il n’est pourtant pas assuré qu’un souvenir soit essentiellement différent d’une hallucination.
Ce numéro se propose d’associer des approches classiques des relations entre mémoire, conscience et identité à des éclairages issus des neurosciences, de l’ethnographie, de l’histoire et de l’informatique.

Page 5 à 8 : Nathalie Chouchan - Éditorial | Page 9 à 22 : Michel Malherbe - Philosophie à l’épreuve des faits : mémoire et identité | Page 23 à 40 : Loraine Gérardin-Laverge - Mémoire constructive, imagination et voyage mental dans le temps | Page 41 à 59 : Barbara de Negroni - Répétition et repentir : les paradoxes d'une mémoire religieuse | Page 61 à 77 : Didier Lommelé, Baptiste Mélès - Forme et matière informatiques | Page 79 à 89 : Nathalie Chouchan - Les jeux de mémoire d’un matériau industriel | Page 91 à 108 : Keith H. Basso, Jean-François Caro - « Renoncer aux mots » | Page 109 à 118 : Barbara de Negroni - Les maladies de la mémoire.

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Léo Strauss : Pensées sur Machiavel

Klincksieck - Octobre 2017 - Collection : Critique de la politique


Notre rapport à Machiavel est obscurci par la manière dont il a lui-même ouvertement ou publiquement exposé son enseignement. Parce que nous sommes "machiavélisés", nous ne pouvons plus prendre la mesure de son étrangeté. Pris ou compris dans le mouvement de la Modernité dont il est le fondateur, nous ne pouvons plus concevoir qu'il puisse s'instaurer un rapport vivant, fascination ou hostilité, entre lui et nous. Strauss ne lit pas Machiavel à la lumière de ce qu'il a permis de fonder - la Modernité - mais à la lumière de ce qu'il a récusé - la Tradition classique. Ce n'est pas là nécessairement privilégier comme critère d'interprétation le passé par rapport au futur, mais éclairer ce que Machiavel dissimule : son affrontement avec la philosophie classique. Il dissimule ce conflit par ce qui paraît y mettre un terme. Figure énigmatique, ainsi le fait réapparaître l'interprétation straussienne : car si Machiavel est le premier à porter l'assaut contre la cité classique - première vague de la Modernité selon Strauss -, ne nous engage-t-il pas par ailleurs à renouer conversation avec les Anciens et, en suivant la trace de l'antique vertu, à inventer la gloire moderne ? Enigme de Machiavel qui est aussi énigme de Strauss, philosophe politique ; car si ce dernier nous a initiés par la redécouverte d'un art de l'écriture à un nouvel art de la lecture, comment lire Strauss lisant Machiavel lecteur de Tite-Live ? Que penser enfin du socratisme de Leo Strauss reconnaissant en Machiavel le compagnon de Socrate, qui, tous deux, contre les Sophistes et la réduction du politique aux purs jeux de langage, ont appris à voir au-delà de cette apparence le sérieux et l'âpreté des "choses humaines" ?

Léo Strauss (1899-1973) est un philosophe allemand spécialiste de la philosophie politique et des rapports entre la Loi et le Droit naturel. En marge du courant des sciences sociales, il s'est intéressé à la philosophie médiévale et en particulier à Machiavel. Il est nommé en 1949 à l'université de Chicago, où il publiera, en anglais, deux oeuvres majeures : The City and the Man (1963, Chicago Press) et Liberalism, ancient & modern (1968, Chicago Press).

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Revue ESPRIT 2017/10 (Octobre) : Hantés par la mémoire

Esprit - Octobre 2017


La « post-mémoire » renvoie à ces événements traumatiques qui se sont produits dans le passé, mais dont les effets se prolongent dans le présent. Comment les accueillir en ménageant nos capacités de pensée, d’action et de création ? Ce dossier articule notre vulnérabilité aux violences de l’histoire et nos possibilités de réparation par les histoires que nous nous racontons.

Vincent Duclert
Orhan Pamuk, un jour d’automne à Istanbul

Michael C. Behrent
En Virginie : un moment de vérité ?

Steve Jourdin
La gauche israélienne et l’espoir social-libéral

Martin Winkler
Réinventer la social-démocratie européenne

Michel Marian
Relancer le mouvement

Gilles Séraphin
Capacités et régimes de protection

Diane Delaurens
Le CPA et l’éthique du care

Jonathan Chalier
Introduction

Marianne Hirsch
Ce qui touche à la mémoire

Veronica Estay Stange
Survivre à la survieRemarques sur la post-mémoire

Nathalie Bittinger
Chanter les martyrs en Chine et à Taïwan

Entretien avec Stéphane Audoin-Rouzeau
Balayer les cendres

Entretien avec Roberto Beneduce, et Simona Taliani, et Jean-François Bayart
La vie psychique du pouvoir colonial


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jeudi 12 octobre 2017

Elsa Dorlin : Se défendre. Une philosophie de la violence

Zones - Octobre 2017


Aujourd'hui encore, malgré les enseignements de l'Histoire, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent tout en prétendant qu'il était agressif, armé et menaçant. Du jiu-jitsu des suffragettes aux pratiques insurrectionnelles du ghetto de Varsovie, des fusils des Black Panthers aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie philosophique de l'autodéfense politique.

En 1685, le Code noir défendait " aux esclaves de porter aucune arme offensive ni de gros bâtons " sous peine de fouet. Au XIXe siècle, en Algérie, l'État colonial interdisait les armes aux indigènes, tout en accordant aux colons le droit de s'armer. Aujourd'hui, certaines vies comptent si peu que l'on peut tirer dans le dos d'un adolescent noir au prétexte qu'il était " menaçant ". 
Une ligne de partage oppose historiquement les corps " dignes d'être défendus " à ceux qui, désarmés ou rendus indéfendables, sont laissés sans défense. Ce " désarmement " organisé des subalternes pose directement, pour tout élan de libération, la question du recours à la violence pour sa propre défense. 
Des résistances esclaves au ju-jitsu des suffragistes, de l'insurrection du ghetto de Varsovie aux Black Panthers ou aux patrouilles queer, Elsa Dorlin retrace une généalogie de l'autodéfense politique. Sous l'histoire officielle de la légitime défense affleurent des " éthiques martiales de soi ", pratiques ensevelies où le fait de se défendre en attaquant apparaît comme la condition de possibilité de sa survie comme de son devenir politique. Cette histoire de la violence éclaire la définition même de la subjectivité moderne, telle qu'elle est pensée dans et par les politiques de sécurité contemporaines, et implique une relecture critique de la philosophie politique, où Hobbes et Locke côtoient Frantz Fanon, Michel Foucault, Malcolm X, June Jordan ou Judith Butler.

Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l'université Paris 8, est notamment l'auteur de La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française (La Découverte, 2006, 2009) et de Sexe, genre et sexualités : introduction aux philosophies féministes (PUF, 2008).

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Bruno Latour : Où atterrir ? Comment s'orienter en politique ?

La Découverte - Octobre 2017 - Collection : Cahiers libres


Peut-on continuer à faire de la politique comme si de rien n'était, comme si tout n'était pas en train de s'effondrer autour de nous ? Dans ce court texte politique, Bruno Latour propose de nouveaux repères, matérialistes, enfin vraiment matérialistes, à tous ceux qui veulent échapper aux ruines de nos anciens modes de pensée.
Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien –; et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement. 
D'abord la " dérégulation " qui va donner au mot de " globalisation " un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique. 
L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national. 
Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux.

Bruno Latour, professeur émérite associé au médialab de Sciences Po, est notamment l'auteur de Face à Gaïa. Huit conférences sur le Nouveau Régime Climatique publié en 2015.

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Annick Ettlin : Le Double Discours de Mallarmé. Une initiation à la fiction

Editions d'Ithaque - Octobre 2017 - Collection : Theoria Incognita


Le nom de Mallarmé a longtemps été la bannière des avant-gardes dans leur combat pour l’autonomie radicale de l’œuvre poétique. Il y a pourtant, chez Mallarmé, une idée de la littérature qui se soustrait à son embrigadement moderniste. Celui qu’on a longtemps cru «retiré au sommet de sa tour» a été un penseur de l’action poétique. En jouant d’une démystification radicale et parfois féroce de la littérature, contre tout « essentialisme », il a mesuré les pouvoirs de la poésie avec lucidité et pragmatisme. Relire ses textes et en saisir l’étonnante actualité théorique, c’est comprendre ce que notre nouvel horizon critique nous autorise aujourd’hui à aimer et à penser de la littérature.

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lundi 9 octobre 2017

Sandra Laugier et Albert Ogien : Antidémocratie

La Découverte - Octobre 2017 - Collection : Cahiers libres


Dans son usage actuel, le terme " populisme " traduit une facilité de langage qui conduit à ranger sous la même étiquette d'un côté les discours racistes, misogynes ou homophobes, et de l'autre, le rejet des politiques néolibérales ou l'exigence d'honorer les promesses de la démocratie. Un anathème bien commode dont Sandra Laugier et Albert Ogien explorent ici la nature profondément antidémocratique, celle qui nie au " peuple " la capacité de prendre en charge les affaires publiques.

L'usage extensif et indifférencié du terme " populisme " traduit aujourd'hui la prégnance de ce que Albert Ogien et Sandra Laugier appellent l' antidémocratie, c'est-à-dire le refus de reconnaître que les citoyen.ne.s ont la capacité de prendre collectivement des décisions respectueuses de l'égalité, de la justice et de la dignité de tou.te.s. 
Cette répugnance n'est pas l'apanage des ennemis déclarés de la démocratie. Elle se donne à entendre chaque fois qu'on hésite à accorder une liberté nouvelle aux individus, qu'on craint l'expression de leur jugement ou qu'on limite leur intervention dans la vie publique. Derrière cette méfiance, il y a le soupçon de l'incapacité du " peuple " à s'occuper des affaires publiques et le risque de chaos que la société courrait si on confiait la responsabilité de gouverner à ces " incompétents ". 
À partir de l'analyse d'événements récents (terrorisme, crise grecque, Nuit debout, élections), le livre plaide en faveur de l'accroissement du contrôle que les citoyen.ne.s exercent sur les institutions publiques, en s'appuyant sur leur intelligence collective et en écoutant la voix de chacun.e. Il rappelle également que l'usage de la langue pèse sur la manière dont on pense et pratique la politique. Il soutient enfin que dénoncer toutes les expressions de l'antidémocratie contribuerait à élaborer non pas une postdémocratie, mais une démocratie enfin réelle.

Albert Ogien est sociologue, directeur de recherches au CNRS. Sandra Laugier est professeure de philosophie à l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l'Institut Universitaire de France, directrice du Centre de Philosophie Contemporaine de la Sorbonne. Ensemble, ils ont publié, à La Découverte, Pourquoi désobéir en démocratie ? (2010) et Le Principe démocratie (2014).

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Jean-Clet Martin : Logique de la science-fiction

LES IMPRESSIONS NOUVELLES - Octobre 2017 - Collection : Réflexions faites


« Un livre de philosophie doit être une sorte de science-fiction », écrit Gilles Deleuze. Or la science-fiction elle-même, dès la fin du XIXe siècle avec E. P. Mitchell, prend Hegel comme modèle d'une histoire abordée à travers une logique contradictoire.
Jean-Clet Martin, après sa lecture novatrice de la Phénoménologie de l'esprit, relève donc ici un pari audacieux : faire entrer l'immense champ de la science-fiction dans le geste le plus inventif de la philosophie moderne. C'est à bord du vaisseau La Logique de Hegel qu'il entreprend pour cela, d'une écriture alerte et imagée, de nous faire voyager à travers une multitude d'univers, ceux de Van Vogt, de H. G. Wells ou de Lovecraft, mais aussi d'Asimov, de Philip K. Dick, et de tant d'autres.
S'appuyant sur les trois parties de La Logique Être, Essence, Concept , Jean-Clet Martin décrit avec minutie les grandes articulations des oeuvres, littéraires et filmiques. Il nous démontre que c'est toute l'histoire de la science-fiction qui se nourrit aux paradoxes de la logique. Au-delà de Dick, elle trouve chez Clarke, Baxter, Robinson, Wilson, ou Poul Anderson, les embrayeurs d'un monde pluriel, entraînant nos vies sur des devenirs très étrangers au temps chronologique.
Par ce voyage vertigineux au coeur des fictions spéculatives on découvre que de nombreuses structures narratives, de nombreux concepts et agencements entretiennent des liens étroits, quasiment en miroir, avec La Logique de Hegel, comme si celle-ci, à travers sa phénoménale créativité, appartenait tant au monde de la science-fiction qu'à celui de la philosophie.

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Isabelle Sgambato-Ledoux : Oreste et Néron, Spinoza, Freud et le mal

Classiques Garnier - Octobre 2017 - Les Anciens et les Modernes - Études de philosophie


Comment penser le mal en excluant le libre arbitre ? Spinoza et Freud définissent la liberté par la compréhension des mécanismes produits en l’homme par la nécessité. Les lettres de Spinoza à Blyenbergh, analysées sous un éclairage freudien, permettent de construire une réponse à ce problème.

Table des matières

Figures et concepts
Introduction
Le péché originel ou la question de la moralité
La position du problème
La réponse de Spinoza
Salut et perdition
La privation ou la question de la finitude
La privation
La négation 
La Lettre 21
Le crime ou la question de la responsabilité
La question des critères éthiques
Humanité et inhumanité 
Naturation et dénaturation humaines
Conclusion
Index nominum

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samedi 7 octobre 2017

Étienne Bimbenet : Le complexe des trois singes. Essai sur l'animalité humaine

Le Seuil - Octobre 2017 - L'ordre philosophique


Quelque chose a changé dans notre rapport aux animaux. La " cause animale " est à l'ordre du jour, et le vivant humain est désormais plus essentiellement animal qu'humain. Cela s'appelle un zoocentrisme : au centre de notre humanité, l'animalité.
En apparence, nous avons tout à gagner à cette nouvelle image de l'homme. Elle nous vient de la biologie de l'évolution, qui nous a situés, quelque part dans l'ordre des primates, en bonne compagnie avec nos cousins les grands singes. Elle est aussi un appel à réformer et à moraliser nos relations avec les animaux que nous exploitons : on respecte d'autant mieux qui nous ressemble. Enfin l'animalité humaine fait de nous des esprits forts, qui ont su en finir avec les dualismes et les grands partages métaphysiques d'antan. Bref : c'est à tous égards une pensée progressiste, car ouverte à la science, généreuse envers les animaux, et philosophiquement éclairée. Il se pourrait pourtant que ces raisons d'en finir avec la différence homme-animal ne soient qu'un ensemble de pensées bancales qui, entre oubli des sciences humaines, réduction de la vie humaine à sa seule vulnérabilité et déni de ce que nous vivons en première personne, composent finalement le portrait idéologique d'un progressisme stérile.
Pouvons-nous échapper au " complexe des trois singes ", ces trois façons de méconnaître ce que nous vivons et faisons comme vivants humains ? Et pouvons-nous imaginer un progressisme de vérité conscient de tout ce que nous devons aux animaux sans pour autant renier ce que nous sommes ?

Étienne Bimbenet est professeur de philosophie contemporaine à l'université Bordeaux Montaigne. Il est notamment l'auteur de L'Animal que je ne suis plus(Gallimard, 2011), et de L'Invention du réalisme (Cerf, 2015).


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Peter Szendy : Le supermarché du visible. Essai d'iconomie

Editions de Minuit - Octobre 2017


Ce qu’il s’agit d’analyser, d’ausculter, c’est ce que Walter Benjamin, en 1929 déjà, décrivait comme un espace chargé à cent pour cent d’images. Autrement dit : cette visibilité saturée qui nous arrive de partout, nous entoure et nous traverse aujourd’hui. Un tel espace iconique est le produit d’une histoire : celle de la mise en circulation et de la marchandisation générale des images et des vues. Il fallait ébaucher sa généalogie, depuis les premiers ascenseurs ou escalators (ces travellings avant la lettre) jusqu’aux techniques actuelles de l’oculométrie traquant les moindres saccades de nos yeux, en passant par le cinéma, grand chef d’orchestre des regards. Mais, sous-jacente à cette innervation du visible, il y a une économie propre aux images : ce qu’on tente d’appeler leur iconomie. Deleuze l’avait entrevue lorsqu’il écrivait, dans des pages inspirées par Marx : « l’argent est l’envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l’endroit ». Une phrase que l’on n’entendra dans toute sa portée ontologique qu’à condition de se souvenir que « cinéma » veut aussi dire ici : « l’univers ». C’est pourquoi, tout en se laissant guider par des séquences d’Hitchcock, de Bresson, d’Antonioni, de De Palma ou des Sopranos, ces pages voudraient frayer la voie qui conduit d’une iconomie restreinte à ce qu’on pourrait nommer, avec Bataille, une iconomie générale.

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Stephen Mumford : La métaphysique. Une (très) brève introduction

Editions d'Ithaque - Octobre 2017



Si la métaphysique continue de susciter curiosité et fascination, nombreux sont ceux qui la confondent avec les aspirations mystiques ou redoutent son caractère trop abstrait. La métaphysique débute souvent par des questions enfantines mais désarmantes : Qu’est-ce qu’un objet ? Les couleurs et les formes existent-elles vraiment ? Est-ce que le temps passe ? Qu’est-ce que l’identité d’une personne ?
En dix courts chapitres, Mumford passe en revue certaines des questions les plus fondamentales de la métaphysique et présente de façon claire et vivante les théories et les débats au coeur de la métaphysique contemporaine.

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passe en revue certaines des questions les plus fondamentales de la métaphysique et présente de façon claire et vivante les théories et les débats au coeur de la métaphysique contemporaine.

mardi 3 octobre 2017

Sophie Grapotte, Mai Lequan et Margit Ruffing (dirs.) : L’année 1784. Droit et philosophie de l’histoire

Vrin - Octobre 2017 - Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie


Le présent volume, L’année 1784 : droit et philosophie de l’histoire, rassemble les conférences plénières et communications présentées lors du XIIe Congrès International de la Société d’Études Kantiennes de Langue Française, qui s’est tenu du 28 septembre au 1 er octobre 2015 à la Johannes Gutenberg-Universität de Mayence.
La philosophie de l’histoire, la pensée du droit et de la politique ainsi que la définition des Lumières, que l’on rencontre notamment dans les opuscules Qu’est-ce que les Lumières? et L’idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique, de même que dans le cours sur le droit naturel dit « Feyerabend », respectivement publiés et dispensé en 1784, demeurent aujourd’hui encore d’une grande actualité, en particulier dans la mesure où ces textes recèlent les principales thèses de Kant relatives au développement intellectuel et moral de l’humanité, à l’émergence d’un espace de discussion publique et à l’élaboration politico-juridique d’une paix durable entre les hommes, respectueuse de leur diversité culturelle et religieuse.

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